Le plan de relance économique et de sauvegarde de l'emploi relève d'une vraie volonté de résister autant que possible à la crise mais aussi de préparer l'avenir. Le gouvernement a souhaité agir sur différents terrains, évitant à la fois de concentrer à l'excès ses moyens sur un seul secteur mais évitant aussi le piège d'une trop grande dispersion.
C'est pourquoi 5 axes stratégiques ont été choisis. Ils regroupent l'ensemble des projets, opérations, mesures permettant au Pays :
d'investir beaucoup plus que les années antérieures dans les infrastructures, partout en Polynésie française,
il s'agit, dans le court terme, d'injecter dans les circuits de l'économie polynésienne suffisamment de commandes publiques pour compenser le recul de l'activité. Ce premier type d'efforts doit avoir des effets positifs avant la fin 2009 et,surtout, en 2010.
La crise, selon les spécialistes dans le monde entier, ne pourra être résorbée avant au moins la fin de 2010. Le plan de relance polynésien continuera donc d'être un moyen indispensable de lutte contre le recul économique et social dans notre Pays.
Adopté en mars 2009, le plan de relance nécessitait un certain nombre d'opérations urgentes :
- dresser la liste des chantiers publics réalisables rapidement, dès 2009, soit plus de 1000 projets ;
- mettre en place les crédits nécessaires à ces opérations en les répartissant par ministère, ce que celui de l'économie et des finances –dont c'est la responsabilité- avait achevé dès la fin avril 2009. Des crédits de paiement à hauteur de 56,7 milliards étaient ainsi disponibles au financement des chantiers de la relance;
- activer la commande publique au travers du Contrat de projets. Le 23 juillet 2009, l'Etat et la Polynésie française signaient 4 nouvelles conventions relatives à la mise en œuvre du plan de relance de l'économie. L'effet conjugué des actions engagées en 2009 dans le cadre du contrat de projets (voir lexique) et des projets éligibles au fonds exceptionnel d'investissement permet d'investir 7,75 milliards Fcfp dans l'économie polynésienne. Concrètement, 69 projets peuvent démarrer avant la fin de l'année 2009 dans les domaines du logement social, des infrastructures, de l'enseignement supérieur et de la recherche, de l'environnement et de la santé.
Diverses ameliorations dans les procédures ont contribué à la signature, au total, de 21 conventions d'application pour un montant de 1,185 milliard Fcfp et permis d'accuser réception de 17 opérations présentant un dossier complet et validé. Les signatures de ces 17 conventions, pour un montant de 1,259 milliard Fcfp, sont donc, à fin octobre, imminentes. Enfin, 16 dossiers sont en attente de compléments. Les conventions doivent être signées avant fin 2009 pour un montant de 1,756 milliard Fcfp.
De son côté, l'Etat a reçu 2,794 milliards Fcfp d'autorisations d'engagement pour la même période 2008-2009. Tous volets confondus et après révision de la programmation, la part Etat sur les opérations programmées en 2008-2009 s'élève à 1,811 milliard Fcfp.
Pour 2010 cette fois, la programmation comprend 62 opérations pour un total de 13 milliards Fcfp. Elle comprend :
- 24 opérations dans le logement social (Hotuarea, Amoe, Vaitupa, domaine Labbé, réhabilitation Papeava, programme Outumaoro, etc.),
- la construction de 9 abris de survie (Tatakoto, Puka Puka, Napuka, Tureia, Apataki, Arutua, Hao…),
- 11 opérations dans le domaine de la santé (formation de professionnels, construction de centres médicaux, infirmeries et postes de secours dans les Tuamotu),
- 13 projets pour l'environnement (assainissement des eaux usées à Punaauia, assainissement Papeete, rénovation du réseau de distribution d'eau à Hitia'a, etc.),
- 5 projets dans le secteur de l'enseignement supérieur et la recherche.
Le contrat de projets va ainsi continuer à contribuer à la relance de l'économie polynésienne tout en apportant aux populations des progrès concrets en termes d'amélioration des conditions de vie et de sécurité.
de soutenir les initiatives privées,
C'est avant tout par le dynamisme de son économie que le Pays pourra retrouver sa prospérité.
En complément aux investissements publics, le gouvernement devait soutenir ceux du privé. Sont concernés non seulement ceux des entreprises installées au fenua mais aussi ceux des investisseurs extérieurs.
Dans ce domaine le gouvernement a mis en place les incitations aux investissements privés.
Un moyen essentiel pour inciter les entreprises à investir réside dans le système de défiscalisation locale (voir lexique), complémentaire de la défiscalisation nationale dite loi Girardin.
Privée de ce dispositif en 2008, la Polynésie française devait mettre au point une nouvelle loi du Pays. Les délais de mise au point, de concertation avec les forces vives n'ont pas permis d'adopter cette loi avant le 1er avril 2009. Mais à partir de cette date, un mois seulement a été nécessaire pour achever l'ensemble des décrets d'application, très techniques, dans tous les domaines concernés dont beaucoup sont nouveaux : industrie, agriculture, environnement, logement, etc.
Ainsi, début mai, tout était prêt pour accueillir les projets et début juillet, on recensait déjà 23 dossiers déposés pour un total dépassant 28 milliards Fcfp ! Certains ne dépasseront pas le stade de l'agrément mais ce résultat d'étape montre que les projets privés ne manquent pas !
La commande privée, c'est aussi
- l'aide au commerce de proximité par laquelle le Pays subventionne en partie des projets de rénovation, extension, modernisation de magasins (le fonds devant être renouvelé devant l'afflux de demandes)
- les prêts bonifiés à l'aménagement ou à l'habitat (PAB-PHB).
Toutes ces mesures sont en place, applicables et… fortement utilisées, ce qui apporte du travail au petites entreprises du bâtiment.
d'améliorer le pouvoir d'achat et la relance de la consommation,
Avec la crise le pouvoir d'achat des familles polynésiennes souffre. L'effet est grave pour l'économie locale qui dépend avant tout du "moteur" consommation. Le gouvernement a donc pris plusieurs mesures de nature à apporter des solutions
- la "prime au retrait" automobile de 400 000 FCFP financée pour moitié par le territoire et moitié par les concessionnaires auto et accordée par véhicule neuf vendu pour un véhicule d'au moins 8 ans repris et retiré de la circulation.
- Une mesure qui devrait permettre à ce secteur d'activité qui emploie directement plus de 600 salariés faisant ainsi vivre plus de 2500 personnes, de maintenir ses effectifs amputés d'une centaine de personnes en quelques mois avec la chute des immatriculations (- 30%) sur les 5 premiers mois de 2009
- revision de la liste des PPN, produits de première nécessité. Prise en charge du fret interîles étendue aux matériaux de construction, aux produits agricoles et produits transformés dans les îles autres que Tahiti : ainsi ces derniers seront plus compétitifs sur le marché tahitien tandis que la baisse du coût du transport vers les îles permet de maîtriser les prix.
- Du côté des énergies renouvelables, un texte a aussi été adopté. Il permet aux particuliers et entreprises de passer contrat avec EDT qui s'engage à acheter, sous certaines conditions, leur électricité produite à partir de sources d'énergie renouvelables (panneaux solaires photovoltaïques).
- Des efforts importants ont été consentis par le groupe OPT en matière de baisse des tarifs s'appliquant aussi bien à la téléphonie mobile qu'à l'internet.
- Enfin, le ministère de l'économie et des finances achève un projet de loi qui sera décisif puisqu'il apporte une nouvelle réglementation des prix et de la concurrence en Polynésie française.
de soutenir les entreprises en difficulté,
le Pays se doit d'aider les entreprises polynésiennes à traverser le mieux possible cette crise mondiale. Plusieurs moyens ont été mis en place notamment une commission des entreprises en difficulté qui est chargée d'apporter les informations nécessaires à ces entreprises, de les orienter vers des solutions efficaces. Elle analyse leur situation et, en concertation avec les banques, le service des contributions, la CPS, etc., propose d'éventuelles mesures (allongement des délais de paiement, moratoire de dettes, exonérations partielles, etc.)
Surtout, le gouvernement a rapidement mis au point de nouvelles dispositions en cohérence avec celles qui existaient : prêts pour la relance des entreprises (voir lexique) avec de nouvelles subventions à hauteur de 900 millions CFP pour la Sofidep, société d'économie mixte du financement de l'économie, prêts à la création d'entreprise, en cours d'achèvement en août.
de sauvegarder les emplois existants.
le social n'a pas été oublié, bien au contraire.
Des dispositifs nouveaux et complémentaires ont été définis en un temps record et proposés dès le mois de juin. Parmi eux, l'IME, le CRE (voir lexique) qui permettent de favoriser sans perte de salaire, avec l'aide du Pays, les réductions du temps de travail négociés dans les entreprises soucieuses d'éviter les licenciements, ou de faciliter la création de CDD. Mesures qui ont bénéficié d'un appui budgétaire de 1 milliard de F cfp.
Les chèques services aux particuliers qui permettent à des personnes sans emploi d'effecteur des petits travaux tout en bénéficiant de la protection sociale sont dans leur phase finale de préparation.
Quant aux dispositifs existants (CPIA, CED, SIE, etc.) qui permettent au Pays d'intervenir sur le marché de l'emploi, ceux-ci ont bénéficié pour 2009 de 2 milliards supplémentaires.
Ces cinq axes ainsi définis témoignent d'un effort exceptionnel de mobilisation des moyens pour compenser les effets désastreux de la crise mondiale.